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Un Martiniquais à Montréal : Yanis Voustad, la cuisine en partage

A l'international | 0 commentaires

Posté par Communication

27 août 2021

Yanis Voustad est consultant en développement économique et en stratégie d’affaires à Montréal. Une fonction qui impose le respect de certaines normes, selon ses dires, et qui ne laisse que peu de place à la créativité. Quel rapport avec la cuisine ? À priori, aucun. Et pourtant, délaissant le costume de consultant porté la semaine, c’est bien derrière ses fourneaux que ce Martiniquais installé au Québec depuis déjà cinq ans, passe la plupart de ses week-ends. Une passion qui lui permet de trouver son équilibre et d’exprimer une identité plurielle.

« La cuisine est une expression identitaire, qui raconte l’histoire d’un individu, d’un pays », se plait à décrire Yanis Voustad. Alors qu’il est étudiant à Paris en 2008, loin de son île natale, il commence à cuisiner « pour se rappeler de bons souvenirs d’enfance » et combler un manque ressenti notamment à Noël ou à Pâques. Des saveurs et des odeurs propres à la Martinique, comme autant de marqueurs de son identité, que Yanis Voustad souhaite se réapproprier.

Le jeune homme, qui a soif de connaissances, explore alors la cuisine caribéenne et ses produits phares. Il découvre que l’on peut également retrouver bananes plantain, curry et autres ananas dans la cuisine africaine, européenne ou asiatique.

« Je suis assez fasciné de voir qu’en Martinique, en Guadeloupe, ou encore en Haïti, on a les mêmes produits comme la banane jaune ou l’ananas. Pourtant, chaque culture, chacune de ces communautés, utilise ces produits de façons diverses. Chaque population, de par son histoire, donne ainsi naissance à des plats aux saveurs totalement différentes. »

« En poussant encore un peu plus mes recherches, et au cours de voyages, j’ai par exemple découvert qu’à Hawaï on utilise d’une autre manière le fruit à pain ou la goyave. Le fruit à pain, appelé ‘ulu’, est transformé en beurre, en hummus ou encore en pancakes. La goyave est utilisée pour faire du pain de mie et le coco des wraps. »

Une cuisine enrichie par l’autre

C’est à travers les cinq continents qui sont autant de sources d’inspiration, que Yanis Voustad réalise « sa cuisine ». « Je puise ma créativité dans la connaissance de l’autre. La cuisine c’est avant tout du partage dès la conception des recettes, parce qu’elles permettent de comprendre l’histoire de l’autre, jusque dans le partage des plats, une fois réalisés. »

Le jeune homme de 32 ans pioche aussi dans les recettes traditionnelles antillaises, dont il veut respecter l’identité pour faire évoluer sa cuisine. « On a des plats traditionnels, comme le pâté en pot, qui n’existent pas ailleurs ! » Une richesse qu’il faudrait toutefois moderniser pour ne pas risquer de la voir disparaître.

« Je suis navré de voir que la nouvelle génération ne réalise pas forcément de plats traditionnels parce que notre mode de vie actuel, ‘moderne’, nous empêche de cuisiner ces recettes complexes qui demandent des heures, voire des jours de préparation. On a parfois peu de temps à consacrer à la cuisine. » Yanis Voustad a un réel désir de modernisation de la cuisine antillaise, pour la mettre en valeur. « Il y a des plats qu’on adore mais qui n’attireront pas l’œil d’un étranger. Il y a un véritable besoin de modernisation pour partager nos traditions. »

Un appétit marqué pour les réseaux sociaux

Pour Yanis Voustad, ce partage auprès du plus grand nombre passe aussi par les outils numériques d’aujourd’hui.

Ses premiers pas sur les réseaux sociaux en tant que cuisinier amateur, c’est de manière très informelle que Yanis Voustad les fait. Au départ il y « raconte sa vie ». Puis, il partage ses réalisations culinaires avec ses proches, avant de faire de ses comptes Facebook et Instagram des espaces plus largement dédiés à la cuisine. « Au fil du temps, c’est devenu un espace de partage et de valorisation de la cuisine antillaise. »

Pour autant, Yanis Voustad n’entend pas devenir cuisinier ou restaurateur. « J’estime que je n’ai pas la légitimé de m’annoncer comme professionnel du secteur, dont je reconnais la difficulté, notamment en période de crise. Je rappelle que je suis amateur, même si on m’a à plusieurs reprises encouragé à devenir traiteur. Je ne suis pas encore prêt à me lancer dans ce projet qui ne s’improvise pas. J’aimerais trouver la meilleure façon de valoriser la cuisine antillaise, peut-être à travers du consulting. En rejoignant des réseaux de restaurateurs, j’ai constaté que la solidarité était de mise, notamment dans les moments plus difficiles. Chacun peut apporter sa pierre à l’édifice. C’est peut-être quelque chose que j’envisagerai. »

D’ici là, Yanis Voustad entend se consacrer à la publication de ses réalisations sur les réseaux, notamment pour faire découvrir la cuisine canadienne et nord-américaine à ses abonnés antillais. Et dès que la situation le permettra, il retournera goûter les spécificités culinaires d’Hawaï ou découvrir celles de la Nouvelle-Orléans.

Clémence Apetogbor

  • Instagram et Twitter : @Yanis_972
  • Burger antillais : pain Zakari, porc roussi effiloché, mayonnaise au colombo, frites de patate douce et bananes pesées.

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