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Honoré Firmin Confiac : « Je n’aurais rien pu faire d’autre »

Portraits | 0 commentaires

Posté par Communication

28 mars 2021

A 60 ans, Honoré Firmin Confiac a déjà eu mille vies. Boulanger, pâtissier, confiseur, chocolatier, glacier, mais aussi entrepreneur, inventeur, formateur, organisateur d’événements, représentant de la Guadeloupe à l’international… Guidé à la fois par sa passion pour son métier et son amour de la transmission, ce créatif dans l’âme a marqué de son empreinte son domaine et énormément fait pour la Guadeloupe. Toujours avec simplicité et cœur.

Dans sa boulangerie située rue Vatable à Pointe-à-Pitre, Honoré Firmin Confiac met toujours la main à la pâte, même s’il avoue ne pratiquement plus créer de pâtisseries, lui qui en a pourtant tant conçu depuis ses débuts, il y a de cela 45 ans.

Dès le plus jeune âge, il savait qu’il exercerait un métier manuel, à l’image de ses parents qui étaient cuisiniers. Sa passion pour la pâtisserie est née également très tôt, grâce notamment aux millefeuilles des pâtisseries pointoises de Bardon et Azor. « J’étais fasciné par le marbrage, le glaçage », affirme-t-il. Et de poursuivre : « ce que je fais là, je devais le faire. Je m’ennuyais à l’école, j’avais le sentiment de perdre mon temps, même si j’aimais le français, l’écriture. Cependant, je voulais tout de même apprendre un métier. Grâce à ma sœur, j’ai découvert l’apprentissage qui est la plus belle chose qui puisse exister ».

Après des premières années d’études en Guadeloupe, Honoré Firmin Confiac poursuit son apprentissage à Paris, au sein de Ferrandi, la prestigieuse école française de gastronomie et de management hôtelier qu’il rejoint en 1975. Non sans mal. En effet, quand il veut s’y inscrire, une dame à l’accueil lui explique qu’il n’y a plus de place. Heureusement, sa grande sœur qui l’accompagne réussit à contacter un responsable. « Dans les 15 minutes qui suivaient, on me donnait ma liste et on m’amenait dans ma salle de classe. Il y avait de la place pour une quinzaine de petits noirs comme moi ! Dans cette école, j’ai passé deux années formidables. J’ai su me faire respecter, en montrant que j’étais venu pour apprendre et bien faire. Ferrandi a été la clef de tout ce que j’ai pu faire par la suite en métropole. Cela m’a ouvert des portes. »

Savoir-faire multiforme

Une fois diplômé, Honoré Firmin Confiac occupe différents postes à responsabilité dans l’Hexagone avant de revenir en Guadeloupe. Il s’y fait rapidement un nom, notamment grâce à ses glorieuses années – de 1995 à 2001 – au sein de l’établissement Marché Conseil aux Abymes. « J’étais responsable de la boulangerie, de la pâtisserie et de la vente. A mon arrivée, j’avais huit personnes sous mes ordres. Quand je suis parti, j’en avais 26. Je ne comptais pas mes heures. » Il crée alors des pâtisseries incroyables, la plus connue étant le Grosse Montagne, mais aussi de magnifiques vitrines à thème.

« En dehors de la pâtisserie, j’ai toujours aimé tout ce qui touche à l’organisation », souligne Honoré Firmin Confiac qui a d’ailleurs conseillé les commerces Epicentre notamment concernant les postes, l’achat groupé, les bonnes pratiques à mettre en place. « Je possède une culture d’entreprise, une capacité à observer et à comprendre l’optimisation nécessaire entre celui qui produit et celui qui commercialise, mais aussi à faire en sorte que le produit soit toujours être agréable pour le client. »

Créatif et entrepreneur

Fort de son énorme savoir et de ses multiples expériences, Honoré Firmin Confiac monte en 2003, avec des partenaires, un laboratoire nommé « Krèm Kako » situé à Goyave, dans lequel sont fabriquées des pâtisseries livrées aux compagnies aériennes et aux Epicentre, entre autres. L’année suivante, toujours avec les mêmes associés, il crée H. Conf Boutique à Pointe-à-Pitre, dans un local appartenant à sa mère. « Notre ambition était de monter plusieurs boutiques en Guadeloupe, une idée que j’avais eue à l’époque de Marché Conseil », précise-t-il.

Durant toutes ses années, Honoré Firmin Confiac a également formé des dizaines de personnes, mais aussi créé des magazines, organisé plusieurs rendez-vous majeurs en Guadeloupe – des concours de boulangerie, la Journée du Goût, celle de la Pâtisserie, etc. Il a conseillé nombre de professionnels dans le domaine, comme la talentueuse et bien connue Fabienne Youyoutte qui ne manque jamais de le citer. Il a aussi représenté la Guadeloupe lors d’événements internationaux, mettant ainsi en lumière le savoir-faire caribéen.

Continuer envers et contre tout

Le 21 décembre 2006, Honoré Firmin Confiac perd sa mère, son pilier, et accuse sévèrement le coup. Sa santé se détériore, son entreprise et ses finances sont très mises à mal. « Jusque-là, je faisais tout avec simplicité et avec cœur. Je ne calculais pas, rien ne me faisait peur, il n’y avait pas d’obstacle pour moi. J’ai été affaibli à la mort de ma mère et, à 47 ans, j’ai commencé à me rendre compte de la méchanceté, de la jalousie des hommes », souligne-t-il.

Cependant, au bout de huit ans d’un long processus et avec l’aide de personnes bienveillantes, il parvient à faire face à ses difficultés financières et à relever la tête. « J’ai enfin pu recommencer à fonctionner. » Aujourd’hui « en fin de carrière » selon ses propres termes, il n’a plus rien a prouvé, lui qui a tant fait pour la Guadeloupe. Cependant, il a encore à donner. « Si quelqu’un veut apprendre, il n’a qu’à venir me voir et je ferai. J’ai encore l’envie de transmettre aux jeunes. »

Il était bien temps que Foodîles lui rende hommage. Monsieur, nous vous saluons !  

« Tu es une virgule »

« Un étudiant poète originaire de la Sierra Leone, ami de ma grande sœur, m’a regardé et dit un jour : toi, tu es une virgule. On ne t’entend pas mais quand tu rentres (ndrl : dans la conversation), tu mets la ponctuation qui donne sens à tout. » Cela, Honoré Firmin Confiac ne l’oubliera jamais.

Nous comptons sur vous !

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