Joël Kichenin, chef passionné devenu sage respecté

Joël Kichenin, chef passionné devenu sage respecté

Chef. Entrepreneur. Formateur. Auteur de livres. Chroniqueur. Consultant Ambassadeur gastronomique. Cette multiplicité de casquettes, le chef Joël Kichenin en est fier, car elles constituent avant tout des preuves de sa polyvalence, une qualité qu’il conseille aux professionnels du secteur de cultiver. Devenu au fil des ans un expert culinaire incontournable à l’échelle locale, mais aussi nationale, le chef guadeloupéen aspire désormais à transmettre son savoir et à mettre en lumière les autres. Focus sur ce chef incroyable, via son abécédaire.

Adolescence

La cuisine, Joël Kichenin s’y est mise lorsqu’il avait 11 ans. « Mes parents étaient des fonctionnaires qui travaillaient beaucoup et étaient peu présents. Comme j’étais l’aîné de trois garçons, j’étais chargé de les surveiller. Un jour qu’ils avaient faim, j’ai décidé de préparer un repas pour eux. J’ai cuisiné un ragoût de porc accompagné de riz. Mes parents m’ont d’abord réprimandé à cause du gaz que j’avais allumé, mais ensuite après avoir goûté, ils m’ont beaucoup félicité. J’ai apprécié », raconte-t-il. Il avait de qui tenir, puisque sa mère et son père cuisinaient tous les deux très bien, le week-end.

L’adolescence de Joël Kichenin a été marquée par un autre épisode : son départ de la Guadeloupe pour l’Hexagone à l’âge de 12 ans. « Des amis métropolitains de mes parents venaient souvent en vacances chez nous. Ils leur ont proposé que je séjourne chez eux quelque temps et, comme c’était des bourgeois, mes parents y ont vu une opportunité et ont accepté. »  Et d’ajouter : « Je suis resté 10 ans là-bas, loin de ma famille ».

Apprendre

C’est à l’adolescence également que Joël Kichenin a choisi la cuisine. Toutefois, s’imaginait-il alors qu’il aurait un parcours aussi riche et difficile pour apprendre son métier ? Sans doute pas.  

« Je suis rentré à l’Ecole hôtelière de l’académie de Reims en 1970 pour effectuer un CAP cuisine et pâtisserie, puis un BAC professionnel avec une option supplémentaire : restauration. J’ai fait trois années d’études dans ce lycée très privé, payant. Ma mère a dû sacrifier son salaire pour payer les frais de scolarité, la pension, etc. Moi-même, n’ayant pas de famille sur place, je travaillais toujours durant les vacances.

Diplômé à l’âge de 19 ans, il choisit le compagnonnage (c’est-à-dire une philosophie et la rigueur), grâce auquel il travaillera dans toute la France et développera une qualité : la polyvalence. « Soyez polyvalent ! Lorsque vous avez un restaurant, vous pouvez ainsi tout gérer. Si un employé est absent, vous pouvez le remplacer (tournant). »

Aventurier

« J’ai gagné en expérience en occupant beaucoup de postes différents. Ma technique ? Je restais juste le temps d’apprendre les mets de la carte et la manière de travailler, le plus souvent.  Mes parents ne savaient pas ce que je faisais, car ils m’auraient sans doute disputé. J’ai énormément bougé, en multipliant les « jobs ». Si un restaurant avait besoin d’un plongeur, alors je faisais la vaisselle. Dans ma seule valise, j’avais une tenue professionnelle de serveur, une autre de cuisinier… C’est comme cela qu’on arrive ! »

Difficultés

Dans l’Hexagone, le Guadeloupéen a connu le rabrouement de certains professeurs. « J’ai souffert pour apprendre mon métier, j’ai appris à la dure, parce que les chefs étaient à l’époque plus stricts et ne dévoilaient pas facilement leurs recettes. Dès que certains identifiaient que je venais de Guadeloupe, ils ne manquaient pas de me faire des remarques. Cela a été très difficile. »

Chef

« Je voulais m’en sortir vite pour pouvoir rentrer en Guadeloupe. Je suis devenu chef en 1975, deux années après avoir terminé ma scolarité. C’était dans un hôtel trois étoiles à la Bourboule en Auvergne. Lorsque le chef est parti, j’ai pris la relève. Il y avait environ 100 couverts tous les jours, midi et soir. Je cuisinais des produits frais : beaucoup de poissons, du bon fromage, des légumes. »

Compétences

Joël Kichenin = chef spécialisé en cuisine créole de Guadeloupe, cuisine collective, cuisine du monde, cuisine gastronomique, pâtissier, chocolatier, confiseur, glacier, barman, sommelier, service en salle, conseiller culinaire. Exceptionnel !

Cuisiner

« J’aime cuisiner frais, le poisson, les légumes du terroir. Je vais souvent voir les agriculteurs et je leur indique même quels aliments cultiver pour qu’ils puissent vendre plus. Par ailleurs, j’apprécie d’adapter les plats. Je peux préparer une paëlla antillaise, une choucroute ou une ratatouille (manjé mélé) créole, avec les produits de chez nous. » 

Emploi

Le chef Joël Kichenin a occupé diverses fonctions – chef de partie, sous-chef, chef – dans des établissements dans l’Hexagone, au Canada, en Guyane et en Guadeloupe. Dans l’archipel, il a travaillé dans quasi tous les hôtels qui s’ouvraient.  Son dernier poste en cuisine a été celui de chef exécutif à l’Auberge de la Vieille Tour à Gosier de 2013 à 2014. « Pour devenir chef exécutif, il faut avoir géré des brigades, du personnel, et posséder aussi une grande expérience en gestion. J’ai 45 ans de cuisine derrière moi ! »

« Dans notre domaine, il y a des grades, il faut gravir les échelons. Plus tu travailles dans des grands établissements, plus tu gagnes en compétences. »

Entrepreneur

Dès le départ, l’ambition du chef Kichenin était de posséder son restaurant. « J’étais encore dans l’Hexagone que j’avais déjà trouvé le nom, La Marée, parce que mes parents avaient un terrain en bord de mer. J’avais aussi mes cartes de visites. Je suis arrivé en Guadeloupe prêt. » Cependant, il lui faudra finalement patienter des années avant de concrétiser son projet. « Il faut toujours faire preuve de détermination. J’ai finalement réussi à créer non pas La Marée, mais Le Bois Lélé. Et plutôt qu’un restaurant, j’ai préféré une table d’hôte », précise-t-il.

 

Expert

Joël Kichenin occupe actuellement un poste d’expert culinaire à la Région Guadeloupe. Et il a fort à faire. En effet, cette collectivité régionale a en charge les lycées publics et donc la restauration collective. « Il y a 10 lycées de production, 400 agents sur le terrain, 8000 couverts distribués par jour et les plats sont appréciés », assure-t-il. Il le sait, parce qu’il a pris l’initiative de mettre en place un groupe sur le réseau social WhatsApp afin que les chefs – « quatre femmes et six hommes, tous très consciencieux » – puissent échanger, partager leurs recettes, les photos des plats qu’ils ont réalisé. « C’est un métier très dur. Il faut donc une motivation constante ! ».

Filles

Le chef Kichenin a deux filles qui sont toutes deux dans la restauration, pour sa plus grande satisfaction. Cependant, ce n’était pas gagné au début, comme elles le racontent elles-mêmes. 

  • Christel L’Etang, restaurateur à la tête d’Indian Masala à Saint-François 

Après l’obtention de mon bac, j’ai décidé de partir au Canada pour poursuivre mes études. Mon père était formateur dans une école d’hôtellerie-restauration là-bas. Je voulais étudier le tourisme, mais lui m’a inscrite en restauration. Je ne l’ai découvert qu’en arrivant sur place ! (rires) Finalement, j’ai réussi à m’inscrire dans la filière que je souhaitais, à sa grande tristesse. J’ai maintenant quelques regrets de ne pas avoir suivi son choix, parce que je suis devenue restaurateur, des études dans le domaine m’auraient donc bien aidée.

La cuisine, nous avons grandi dedans ! J’ai toujours vu mon père se lever très tôt, partir lorsque nous dormions encore. Nous ne le voyions pas beaucoup. Les odeurs des plats nous réveillaient, car son laboratoire était à côté de la maison. Mon père a toujours été un réel passionné ! »

  • Vanessa Kichenin, fondatrice de Saveurs Madras, co-fondatrice du Trophée des Chefs Ultra-Marins

« J’ai décidé d’étudier toute autre chose que la restauration, car je ne me voyais pas m’orienter dans ce domaine. Le métier de mon père me semblait très dur. Quand nous étions petites, il se levait à trois, quatre heures du matin, travaillait beaucoup, enchaînait les baptêmes et les mariages. Il n’était pas beaucoup à la maison. 

La cuisine m’a ensuite rattrapée ! J’ai vécu 11 ans en métropole et trois ans au Canada. Il n’y avait que la cuisine qui me rapprochait de ma famille, parce que ma grand-mère, mes oncles, mon père, ont tous travaillé dans la restauration. C’était le seul lien que je pouvais avoir avec eux, avec mon histoire. Quand je cuisinais, les gens appréciaient, me félicitaient. J’ai donc décidé de continuer. C’est une profession difficile, il faut se battre, mais il y a aussi la satisfaction du client. » 

Médailles

« J’ai participé à plusieurs concours culinaires par désir de me confirmer. J’avais un nom, beaucoup de gens appréciaient ma cuisine, j’ai été sollicité pour participer et j’ai accepté de relever le challenge. » Le chef a ainsi commencé par des petits concours dans des quartiers et continué avec des plus en plus grands. Il a représenté la Guadeloupe dans plusieurs compétitions nationales et internationales, et remporté des médailles et trophées. Le chef Joël Kichenin est ainsi devenu au fil des années un ambassadeur incontournable de la gastronomie créole.

« Je dis toujours oui, même si c’est difficile ensuite. J’aime mon métier et je ne peux pas dire non à des initiatives pour le valoriser. Cela me permet d’en parler, partout. »

Palais

« On peut copier les recettes, mais on ne pourra jamais acheter le palais. Voir et faire sont deux choses différentes. »

Pilote

« Je voulais devenir pilote, mais cela coûtait très cher, mes parents ont donc refusé. Je désirais retourner dans mon pays en ayant un métier avec lequel je pourrais gagner ma vie. L’idée de la cuisine m’est alors venue. J’ai toujours pour passion de voler. Je le fais de temps en temps avec mes amis pilotes, Francky et Félix. »

Promouvoir

Une fois sa réputation établie, le chef Joël Kichenin a organisé des concours : « il y avait un besoin. Il fallait que je le fasse pour impulser une dynamique. La Guadeloupe, terre de champions, voilà ce qui m’inspire ».

Il travaille sur un projet, avec sa fille, Vanessa, aux manettes : Le Défi des chefs.  « En octobre 2021, nous organiserons cet événement pour déterminer qui est le meilleur chef de la Guadeloupe. Nous imposerons le panier d’ingrédients et les participants proposeront leurs meilleures création et présentation. » À noter qu’il est déjà possible de s’inscrire via la page Facebook de l’Institut Culinaire Caribbean Food.

Restaurant

« Un cuisinier peut avoir des préférences, mais il doit tout manger. Je mange donc tout ce que l’on me propose. Je suis très viande et poisson, en grillade, en sauce, j’apprécie beaucoup le gibier. Je suis très sucré. J’aime les moelleux, les mousses, les bavarois. C’est ma spécialité.

J’ai plaisir à aller au restaurant, à être servi. J’essaye de mettre de côté mon esprit critique, mais généralement, j’identifie tout de suite les problèmes. Je n’aime pas être déçu, je ne mange donc pas n’importe quel repas antillais dans un restaurant. » 

Rêve

« Mon rêve, avant de mourir, est que notre cuisine créole soit reconnue internationalement comme le Gwoka, par l’Unesco (ndlr : l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture). Jusqu’à présent, elle n’est pas classée, donc tu ne peux rien dire aux gens lorsqu’ils font à leur façon notre colombo, notre court-bouillon de poisson ou nos accras, par exemple. Je me bats pour qu’elle le soit. »

Sage

Le chef Joël Kichenin fait figure de sage dans son domaine, parce qu’il peut se prévaloir d’un CV bien fourni, mais en plus il n’est pas avare de son temps dès lors qu’il s’agit de partager ses connaissances. « Quand je vais dans un restaurant, je capte systématiquement les imperfections, les dysfonctionnements en matière de cuisine, de service. Il y a toujours quelque chose à dire, mais il faut y mettre la manière. Lorsque cela vient de moi, cela est généralement bien perçu. »

C’est d’autant plus le cas que les chefs actuels, il les connaît tous, parce qu’il en a formé, conseillé, mis en lumière, via les concours qu’il a organisé.

« Il y a un respect pour moi, parce qu’ils savent que je travaille pour le pays, que je suis un passionné. »

Terrain

« J’ai appris la cuisine créole sur le terrain, en allant voir les anciens. Je maîtrise ainsi la cuisine indo-guadeloupéenne parfaitement. »

Traces

« Je voulais laisser des traces, des supports où les gens auraient mes recettes. J’ai été sollicité et j’ai accepté avec plaisir. » Le chef est ainsi auteur de plusieurs ouvrages culinaires : Délices des Iles, Le Monde des délices, des livrets de cuisine. Il a aussi été pendant un an chroniqueur culinaire pour le TV Magazine de France-Antilles.

Tradition

« Je regrette que les jeunes chefs montants ne fassent pas plus de cuisine traditionnelle. Ils ne l’ont pas apprise à l’école, donc ils ne font que des mets revisités et améliorés. »

 

Traiteur

De 1987 à 1999, Joël Kichenin a aussi été gérant de Traiteur Mobile Guadeloupéen (TMG), « en plus de tout ce qu’il faisait », le précise-t-il lui-même. « Dans mon temps, cela n’existait pas beaucoup. J’avais nombre de commandes pour des mariages de 400, 500 invités. Je faisais trois mariages un samedi, en m’organisant bien, en étant très polyvalent – je faisais les repas, les pâtisseries, le service. J’étais motivé, car je devais construire ma maison. C’était compliqué pour la vie de famille, mais au moins, il y avait du résultat. » 

 

Transmission

« Durant toute ma carrière, j’ai enseigné. J’ai toujours allié la vie professionnelle en cuisine et la transmission. J’ai été professeur dans pratiquement tous les centres de formation de métiers de bouche de Guadeloupe. » Au Centre de Formation des Apprentis (CFA) de la Chambre de métiers et de l’artisanat pendant 15 ans. Au lycée hôtelier du Gosier durant six années. À la Chambre de Commerce et d’Industrie (Céfortel). À l’AFPA. Au GRETA.

Sa volonté : permettre aux jeunes d’apprendre un métier. « Certains auraient été à la rue, s’il n’y avait pas eu le CFA qui fait un énorme travail de réinsertion », affirme-t-il. Il est d’ailleurs fier de constater que certains anciens élèves ont bien réussi. Par exemple, Gabriel Foy, le président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Région Guadeloupe. « Je tiens également à saluer le travail effectué par Honoré Firmin Confiac qui a formé nombre d’apprentis en boulangerie-pâtisserie. »

Après avoir grandement participé à préparer « la relève », le chef a décidé cette année de passer la main.

Dombrés de patate douce en confiture

Dombrés de patate douce en confiture

Par Maiss Cuisine

Recette pour 2 personnes

Préparer la pâte à dombrés (pour 2 personnes)
– 220g d’écrasé de patate douce cuite (chair orange)
– 40g de sucre roux
– 40g de farine
– cannelle en poudre
– 1càs d’huile

1/ Pétrir tout ceci jusqu’à former une boule ensuite faire les dombrés (petites boules) et réserver.

2/ Dans une casserole mettre sur le feu :
– 150g de sucre
– 40cl d’eau
– cannelle
– muscade
– zeste de citron
– amande amère
– vanille

3/ Une fois que ce mélange commence à frémir, y ajouter les dombrés de patate douce, laisser réduire et caraméliser à feu doux en veillant à ce que les dombrés n’accrochent pas au fond.

Les manipuler doucement, car il s’agit de dombrés fondants à souhait.

C’est prêt !

Cette revisite de la confiture de patate douce traditionnelle est idéale pour surprendre les papilles des réfractaires à l’aspect farineux de la patate douce.

Bonne dégustation !

  • fb: @leskomesdemaisscuisine et @villakomes
  • insta: @maiss_cuisine et @villa_komes

 

Pour Erickson Cairo, la pâtisserie, cette passion devenue profession

Pour Erickson Cairo, la pâtisserie, cette passion devenue profession

Comptable, tel est le métier qu’Erickson Cairo, Guadeloupéen âgé de 28 ans, désirait exercer au départ. Son parcours, fruit d’une déception et d’une grande décision, l’a amené à devenir pâtissier, une profession très exigeante, mais qu’il aime.

« En 2020, j’ai d’abord obtenu un CAP de comptabilité, puis un baccalauréat. Ensuite, j’ai voulu effectuer un BTS Comptabilité et Gestion des Organisations, en alternance. Pendant trois ans, j’ai cherché une entreprise à intégrer, sans succès. Entre temps, j’ai rejoint l’Université des Antilles pour poursuivre des études en éco-gestion, mais je ne me suis jamais vraiment investi, car ce n’était pas ce que j’avais envie de faire.

Finalement, j’ai choisi d’étudier la pâtisserie qui était mon passe-temps, ma passion, lorsque j’étais jeune. J’allais fabriquer des gâteaux, des petits fours avec une de mes tantes, afin de l’aider pour ses commandes. Je la remercie, puisque grâce à elle, je m’y suis intéressé. »

Etudes

« J’ai effectué un CAP pâtisserie et travaillé chez Gabriel, en 2014. Durant cette période, j’ai beaucoup appris des chefs David Carabin et de feu Gaël Chomereau-Lamotte. Nous faisions vraiment des très bonnes pâtisseries et c’était un réel plaisir de réaliser la vitrine, de voir les clients apprécier nos mets. 

Par la suite, j’ai rejoint Fabienne Youyoutte en 2018, par pur hasard. Je savais qu’elle recherchait un pâtissier mais je ne me sentais pas à la hauteur pour postuler. Un jour, j’ai répondu à une offre d’emploi sur internet, sans savoir que c’était pour son entreprise. Elle m’a appelé et j’ai passé un entretien qui s’est bien déroulé. C’est ainsi que j’ai été embauché. »

Qualités

« Pour ce métier, il faut être rigoureux, sérieux et aimer ce qu’on fait. Quand on est animé par la passion, on ne peut que réussir. Comme je le dis souvent : notre altitude dépend de notre attitude. Si on veut arriver au haut niveau, il faut se donner les moyens et avoir le comportement pour. Et quand nous trouvons des personnes pour nous former, prenons ce savoir-faire fruit de leurs expériences, écoutons ! » 

Difficultés

« Ce n’est pas un métier facile, contrairement à ce que beaucoup pensent. Il faut se réveiller tôt et il n’y a pas vraiment d’heure pour finir. De plus, réaliser des gâteaux chez soi n’a rien à voir avec ce qui se fait en entreprise. Les quantités sont bien plus importantes et il faut donc savoir doser les ingrédients, ne mettre ni moins ni trop, car le goût change vraiment. La pâtisserie n’est pas un jeu, cela demande de la concentration et du professionnalisme. »

Projet

« J’envisage de créer ma propre pâtisserie un jour. Quand tu es passionné, que tu as l’amour de ce que tu fais, tu as envie d’avoir ton propre projet. Toutefois, ce n’est pas pour tout de suite, car je me plais vraiment chez Fabienne Youyoutte. » 

Erickson Cairo : « Quand on a une belle vitrine et qu’on voit que les gens ont plaisir à acheter nos produits, qu’on note la fierté dans leurs yeux parce qu’ils se régalent, alors nous sommes fiers nous aussi. »

Éclairement bon

Éclairement bon

Par Laetitia Chapiteau

Il n’est pas rare qu’un proche, un voisin, vous donne gentiment un avocat, voire deux ou même trois. Plutôt que de le manger tel quel, testez cette recette ! Vous serez sans doute agréablement surpris. 

Etape 1 : la pâte sablée salée

Temps de préparation : 20mn

Ingrédients : 250 g de farine, 125 g de beurre mou, 2 cuillères à café de sel, 2 c. à soupe de lait, 2 c. à soupe d’huile de tournesol, 1 jaune d’œuf, 2 pincées d’herbes de Provence.

1. Mettez le batteur comme ustensile sur le robot. Puis dans le bol du robot, mettez la farine et le sel.

2. Mélangez en ajoutant petit à petit le beurre mou en petits morceaux – vitesse 4. Le mélange va devenir sablé, ajoutez les liquides. Le lait et l’huile. Enfin, mettez le jaune d’œuf. Laissez le robot mélanger jusqu’à obtenir une boule.

3. Sortez la pâte du bol du robot. Etalez-la à l’aide d’un rouleau à pâtisserie. Garnissez selon vos envies.

Astuce : Si vous devez la faire cuire à blanc afin d’y déposer ensuite une garniture qui ne cuit pas, déposez une feuille de papier sulfurisé sur la pâte qui est déjà dans votre moule à tarte. Puis, versez sur la feuille des billes de grès, une chaîne de cuisson (vendus dans le commerce) ou des haricots secs. En cuisant, votre pâte ne gonflera pas. Comptez 20 min de cuisson.

Pastille – A noter : Je fais ma pâte sablée salée avec mon robot, mais on peut la faire à la main dans un saladier. Dans ce cas-là, comptez plus de temps pour la préparation.

Etape 2 : la mousse d’avocat (pour 5 personnes)

Temps de préparation : 15 min

Temps de prise au froid: 30 min

Temps de repos : 30 min

Ingrédients : 3 avocats bien mûrs, le jus d’1 citron, 4 c. à soupe d’huile d’olive, 15 cl de crème fraîche

1 c. à café de purée de piment, sel, poivre.

1. Commencez par couper vos avocats en 2, dénoyautez-les puis coupez-les grossièrement en morceaux.

2. Mettez dans le bol du blender la chair des avocats avec le jus de citron. Mixez jusqu’à l’obtention d’un mélange lisse et onctueux puis ajoutez l’huile en filet sans cesser de mixer, puis la crème, la purée de piment. Salez et poivrez à votre convenance.

Etape 3 : la gelée de tomates (pour 4 personnes)

Temps de préparation : 15 minutes

Temps de prise au froid : 2 h

Ingrédients : 600 g de tomates mûres mais fermes, 2 feuilles de gélatine, 1 petite gousse d’ail, 1 piment végétal, 4 cuillère(s) à soupe d’huile d’olive, 6 brins de basilic nouveau, sel.

Pour servir : huile d’olive fruitée et fleur de sel.

1. Faites tremper les feuilles de gélatine dans de l’eau froide. Lorsqu’elles sont ramollies, au bout de 5 mn environ, égouttez-les et faites-les fondre sur feu doux ou dans un four à micro-ondes, avec 1 c. à soupe d’eau.

2. Rincez les tomates, épongez-les et mixez-les. Filtrez le jus obtenu. Ajoutez la gélatine et mélangez bien. Salez. Filtrez la préparation et versez-la dans un moule spécial insert à éclair.

3. Placez au congélateur. Minimum 2 heures.

Etape 4 : les chips de patate douce

Temps de préparation : 15min

Temps de cuisson : 10 min

Ingrédients : 1 patate douce, 5 cuillères à soupe d’huile d’olive, sel, poivre, paprika, cannelle.

Ustensile : mandoline

1. Éplucher la patate douce. La couper en fines lamelles d’environ 2 mm d’épaisseur. A l’aide d’une mandoline, les laver à l’eau froide et les sécher avec un torchon propre.

2. Mélanger environ 5 cuillères à soupe d’huile d’olive avec du sel, poivre, paprika et cannelle. Mettre environ 1/2 cuillère à café des épices, mais vous pouvez ajuster les quantités selon vos goûts.

Etape 5 : l’ail confit

1. Mettre 5 à 6 gousses d’ail au four, à basse température (40°C) pendant 1h.

2. Laissez refroidir avant d’éplucher.

Etape 6 : le montage

1. Dans un biscuit, mettre à l’aide d’une poche la mousse d’avocat, puis déposez-y la gelée.

2. Terminez par la gousse d’ail et la chips de patate douce.

3. Servir frais.

Laetitia Chapiteau est une entrepreneure à la tête de L’atelier gourmand, un service de traiteur en Guadeloupe.

Instagram : @lateliergourmand971

Facebook : laetitia chapiteau

Tanya ST VAL, locavore assumée

Tanya ST VAL, locavore assumée

Il fut un temps où Tanya ST VAL était « obnubilée par les fruits de mer », mais depuis quelques années, ses préférences culinaires se sont élargies. La chanteuse guadeloupéenne apprécie quasi tous les produits péyi, les plats simples et traditionnels. Confidences d’une locavore assumée.  

Gourmet ?

« Oui, je me définirais ainsi. Quand je suis en voyage, que j’ai des moments de temps libre, je n’hésite pas à découvrir des plats d’autres régions. Pour moi, la nourriture fait partie de la culture d’un pays. Elle permet donc de mieux connaître les habitants, leurs habitudes, leurs préférences et traditions.

Bien manger avec un métier tel que le vôtre, facile ou pas ?

Quand arrivent de grandes dates de concert, je suis très préoccupée, comme si j’allais passer un examen, parce que j’ai envie de bien faire. Il y a beaucoup de préparatifs, des répétitions… A cause des exigences du métier, il m’est difficile d’avoir une bonne hygiène alimentaire. On est souvent pressé, stressé et donc obligé de cuisiner rapidement. 

Cependant, il y a aussi les périodes plus calmes et les voyages qui permettent de prendre le temps d’être un fin gourmet.

Vos aliments et plats préférés ?

J’aime beaucoup les ouassous, langoustes, chatrous, lambis, qu’ils soient fricassés, grillés ou en sauce, mais pas en court bouillon. Toutefois, depuis quelques années, j’apprécient d’autres aliments qui me permettent de mieux manger. J’aime les légumes péyi – ignames, madères, bananes jaunes, etc. –  accompagnés de morue, de balarous frits, par exemple. Ce sont des plats simples et très bons. Je me nourris ainsi plus sainement. 

Et côté desserts ?

Je suis plutôt fruits : mangues, oranges, pastèques, etc. A choisir, je préfère une salade de fruits qu’un gâteau au chocolat.

Votre petite madeleine de Proust ?

Quand j’étais petite, il y avait souvent du poisson à la maison, car mon père pêchait. Le plat qui me rappelle mon enfance est donc le blaff de poisson. Par ailleurs, ma mère faisait souvent des monts blancs et des gâteaux aux cacahuètes. 

Une musique pour un plat ?  

« Face à la mer, en contemplant Marie-Galante, je mangerais bien une fricassée de lambis accompagnée d’une mousseline d’igname ou de madère. Je prendrais en dessert un coktail de

Kenny Boisdur, #bartender autodidacte

Kenny Boisdur, #bartender autodidacte

Pas question de se reposer sur ses lauriers pour Kenny Boisdur qui, à 27 ans, est un bartender expérimenté et reconnu dans l’archipel. Ambitieux, le Guadeloupéen a pour objectif ultime de participer au prestigieux concours international Diageo World Class Bartender.

#Formation

Kenny Boisdur n’a pas effectué la formation existante pour devenir bartender, car il ne pensait pas exercer ce métier au départ. A partir de 2007, il a effectué un BEP puis un Baccalauréat hôtellerie/restauration et ensuite un BTS gestion/merkatique au Lycée des métiers de l’hôtellerie et du tourisme de la Guadeloupe.

« Au cours de mon BTS, une de mes professeurs, qui savaient que j’aimais les cocktails, m’a proposé de participer à un concours de bartender. J’ai accepté. C’est dans ce cadre que j’ai vu Ugo Jobin, un professionnel du bar qui possède plus de 20 ans d’expérience, faire une prestation. J’étais émerveillé de son sérieux et de la mise en scène. Je me suis dit que je voulais faire ce métier », raconte le jeune homme. Et de poursuivre : « le même jour, j’ai aussi rencontré Rainer Boucard (ndlr : bartender bien connu en Guadeloupe) qui m’a pris sous son aile ».

« Je suis autodidacte. Des personnes comme Rainer m’ont aidé, en me transmettant leurs connaissances, mais j’ai également collecté beaucoup d’informations par moi-même. »

#Voyage

« Nous n’avons pas en Guadeloupe cette culture cocktail qui existe dans d’autres pays où les gens ont l’habitude d’aller dans des endroits pour boire. Je veux voyager pour aller voir cela et apprendre davatange. »

Un cosmopolitan, cela vous dit ?

#Succès

Après avoir enchaîné les concours, Kenny Boisdur a réussi à en remporter un d’importance, le Bartender Contest, le concours du meilleur barman des Îles de Guadeloupe, en 2014. « C’est le fruit de beaucoup de pratiques », souligne-t-il.

Cependant, son plus grand succès reste d’avoir été embauché au Happy Our (ndlr : bar lounge à Baie-Mahault). « Le propriétaire est venu me voir parce qu’il voulait que je sois bartender dans ce nouveau bar. Il m’avait repéré via le Bartender Contest. J’ai alors pris conscience que j’étais arrivé au point que quelqu’un me voulait moi et pas un autre. C’est l’une de mes plus grandes réussites jusqu’à présent ».

A mettre dans une pastille

« Le bartending, ce n’est pas que les mélanges, le spectacle. Comme le cuisinier, le barman doit connaître la provenance de ses matières premières, la manière dont elles ont été créées, le goût du produit fini afin de savoir comment et avec quoi le mélanger, etc. Il y a une partie théorique – connaissances et recherches – à acquérir en coulisses pour que le spectacle se déroule bien. »

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